Sauvegardez vos données… petits conseils
J’ai reçu un appel désespéré hier d’une collègue dont le PC était mal en point. Comme à mon habitude j’ai fait un rapide diagnostic téléphonique concluant au fait que Windows ne démarrait pas, l’ordinateur insistant sur le fait qu’il lui faudrait une disquette pour démarrer. Mauvais signe. Ne pouvant me libérer que ce midi, je lui ai demandé de tout éteindre, et de ne toucher à rien en attendant mon passage. Ce midi lorsqu’une fois devant le PC j’allume celui-ci, ô miracle Windows se met en branle et nous pouvons même aller sur Internet télécharger le logiciel Astase UltraBackup qui a le mérite d’être à la fois simple d’utilisation, efficace, en français (et d’ailleurs réalisé par une société française) et totalement gratuit. Je branche mon disque dur externe afin d’y recueillir la sauvegarde inespérée, paramètre le logiciel et lance le processus de sauvegarde.
Tout se passe parfaitement bien, celui-ci commence la sauvegarde des premiers giga-octets de données importantes quand soudain, au bout d’une bonne vingtaine de minutes l’ordinateur affiche un bel écran bleu bien inquiétant. J’éteins l’ordinateur, le rallume et le disque dur se met à faire un bruit très inquiétant. Bien entendu, cette fois-ci le système d’exploitation ne se lancera pas. Ma sauvegarde en cours ne sera pas d’une grande utilité, car compte-tenu de l’espace restant sur mon petit disque externe nous avions opté pour la compression de la sauvegarde. Résultat : sauvegarde inexistante sur mon disque de secours, puisque le PC avait planté durant l’opération. Nous tentons une dernière opération, le démontage du disque pour n’y brancher que l’alimentation et un diagnostic “à l’oreille” confirme mon verdict macabre : celui-ci est en train de lâcher, et toute tentative de récupération logicielle s’avèrerait donc vaine. Dix secondes plus tard, je n’entends même plus le moteur du disque tourner…
La dernière sauvegarde date de plus de six mois, les données du disque dur étaient très importantes car concernant une entreprise, le coût minimal de récupération de données par un laboratoire spécialisé s’avère très élevé (de l’ordre de 100 Euros pour le diagnostic/devis, et de 800 à 1500 Euros pour la récupération).
… lorsque nous nous étions vus la fois précédente il y a deux ou trois mois, je lui avais recommandé d’acheter un disque dur externe à moins de 80 Euros pour faire ses sauvegardes, ou bien de graver le tout sur CD-Rom, avec un logiciel gratuit ou bien en copiant manuellement les fichiers…
Conclusion : Faites des sauvegardes, régulièrement (et pensez à les vérifier, tant qu’on y est). Le coût d’un second disque dur n’est pas si élevé que cela quand le compare au coût de récupération et au préjudice subi par une panne de disque entraînant la perte de ses données…
Mes petits conseils :
- Les disques durs n’ont pas tous le même prix, à capacité égale. Parmi les raisons à cela, on retient souvent la vitesse de rotation, la capacité du cache et d’autres choses encore. N’oubliez cependant pas que certaines marques sont réputées plus fiables que d’autres, que différentes gammes du même produit existent selon la qualité (gamme professionnelle vs grand public), et qu’un surcoût de 20 à 30 Euros lors de l’achat du disque peut être fort appréciable lorsque l’on sait que celui-ci aura une durée de vie de 2 ou 3 ans de plus qu’un disque grand public. L’acronyme correspondant à cette mesure, MTBF (Mean Time Between Failure) est parfois difficile à obtenir de la part du constructeur (et encore plus du distributeur qui cherche à revendre son stock plus qu’à discuter), et correspond à une valeur statistique correspondant à une moyenne constatée en nombre d’heures avant la défaillance du composant. Très instructif pour un disque dur ! Côté mémoires Flash et autres clefs USB, Pierre Vandevenne nous démontre visuellement que la qualité d’un produit peût être bien différente suivant la marque.
- Les disques durs d’ordinateurs portables (2,5 pouces) sont assez souvent plus robustes que les disques durs d’ordinateurs de bureau (3,5 pouces) bas de gamme. Cela peut paraître paradoxal, mais les constructeurs de composants pour ordinateurs portables savent que ceux-ci seront plus secoués que les PC de bureau, et soignent donc plus la finition. J’ai très souvent eu affaire à des disques durs de bureau qui lâchaient, mais une seule fois à un disque dur de portable cassé. Et encore il s’agissait d’un cas particulier puisque celui-ci est tombé de haut… De plus, les ordinateurs portables étant assez mal ventilés car leurs composants doivent tenir dans un espace très restreint, ces petits disques durs sont capables de résister à des températures plus élevées que leurs homologues pour PC fixes. Lorsqu’on a la possibilité d’effectuer ses sauvegardes sur des disques durs externes de portable (il existe de nombreux modèles de boitiers pour cela), c’est préférable.
- Les disques durs pour PC fixes (format 3,5 pouces) sont comme je le disais plus haut différents suivant la gamme et l’usage que l’on en fait. Un disque dont le constructeur préconise l’utilisation pour un serveur sera probablement 50% plus onéreux, car il supporte un fonctionnement sans problème 24h/24 (mes disques ont tourné pendant plus de 4 ans avant que ce soit moi qui les arrête), une sollicitation du disque plus fréquente, etc. Ce type de disques est souvent difficile à trouver en grandes surfaces, mais de nombreux revendeurs les proposent au public, encore faut-il le savoir. Dernier point à ce sujet : il y a 5 ou 6 ans j’ai eu une défaillance sur l’un de mes disques serveurs à la maison. J’ai appelé le constructeur (numéro vert) qui m’a livré par Chronopost un disque dur neuf le lendemain matin, avant même que ne je le lui renvoie mon disque défectueux. Sérieusement je ne pense pas que l’on puisse obtenir la même chose de services après-vente en magasin.
- Il existe des sociétés spécialisées dans le reconditionnement et la revente de matériel professionnel d’occasion. J’en ai parlé précédemment lorsque je me suis racheté un second ordinateur portable. J’ai souvent constaté que le matériel professionnel, même d’occasion, était plus robuste que le matériel grand public neuf. Quand on voit que les PC vendus en hypermarchés sont à 500 Euros, les portables à 600 Euros alors que les “mêmes” vendus en entreprise sont deux à trois fois plus cher, il y a peut-être une raison que l’on ne précise pas au grand public… A méditer ! Pour information la quasi-totalité du matériel informatique que j’achète pour mon usage personnel est de type professionnel reconditionné, et je n’ai presque jamais eu de soucis matériels, cela depuis presque dix ans. Lorsque l’on ne recherche pas la performance mais la fiabilité, un bon PC professionnel d’occasion est un bien meilleur choix qu’un PC dernier cri grand public.
- Grande capacité, danger ? Lorsque les disquettes existaient encore (j’anticipe un peu mais on y est presque), on pouvait à l’aide d’un fluide spécial révéler optiquement les pistes, et parfois récupérer les données de manière visuelle avec une bonne loupe (j’ai fait ça une fois sur des disquettes 5 pouces 1/4, si si !). L’extraordinaire loi de Moore qui n’arrête pas de se confirmer fait que les disques durs atteignent des capacités autrefois inconcevables. Pour le grand public c’est sympathique, car il peut désormais stocker ses deux ou trois cent films Divx sur son PC acheté au supermarché du coin. Pour le professionnel chargé de récupérer les données en cas de problème, c’est la catastrophe. Les disques atteignent de telles capacités que le temps de récupération de données peut atteindre des dizaines d’heures, revenant presque à chercher une aiguille dans une botte de foin. De même, au niveau des laboratoires spécialisés dans les récupérations (ceux qui ouvrent les disques pour fouiller dedans au microscope, en faisant simple) sont confrontés au même problème car 250Go c’est 2 097 152 000 de bits d’information, sans compter les informations de parité qui doivent au bas mot ajouter 30% à cette valeur. Le tout stocké sur une surface de quelques dizaines de centimètres carrés. Si ma mémoire est bonne, actuellement deux bits d’information sont séparés de seulement quelques centaines d’atomes… La récupération de données même par un laboratoire de pointe s’avère donc périlleuse dans de telles conditions. Du coup, entre avoir toutes les données sur un seul disque de 120 Go et les avoir réparties sur 2 disques de 60Go le choix est simple.
- Pensez qu’une bonne ventilation est importante pour prolonger la durée de vie du disque, et plus généralement de l’ordinateur. Plus les composants chauffent, plus leur durée de vie baisse. Dans le cas des boitiers de disque dur externe, le mieux est bien évidemment de prendre une coque en aluminium qui dissipera la chaleur, et si possible avec ventilation. Néanmoins il existe de très bons boitiers de disque dur externe en aluminium sans ventilation, pour disques durs 2,5 pources. Le fait d’allumer puis d’éteindre de manière fréquente un ordinateur, ou plus simplement de demander l’arrêt du moteur du disque dur lorsque l’on ne s’en sert pas va également jouer en défaveur de la durée de vie, même si cela peut sembler suprenant. En fait, le passage de l’état éteint à l’état allumé et vice-versa entraîne des changements de température et d’intensité électriques qui ne sont pas vraiment bénéfiques. Il vaut mieux un disque dur à 50°C en permanence qu’un disque qui s’arrête toutes les 30mn pour redémarrer ensuite quelques minutes. L’option d’arrêt automatique est prévue sous Windows et par les constructeurs pour améliorer le confort auditif des utilisateurs, mais certainement pas la durée de vie.
- Il n’y a plus de prétextes valables pour ne pas faire de sauvegardes. Il existe de très bons logiciels gratuits, le coût d’un disque dur externe n’est pas si élevé que cela (au pire on se rabattera sur des CD-R), et cela se fait de façon tellement simple voire automatique que tout le monde devrait le faire ! Certes, on ne prend pas le temps de le faire, mais on se mord tellement les doigts quand on perd ses données que ça en vaut bien la peine… une fois par mois au minimum.
Je vous recommande ce lien très intéressant, que je viens de trouver et qui explique de manière claire les caractéristiques des disques durs. L’auteur cite à plusieurs reprises Seagate comme étant le plus fiable, avec une garantie de 5 ans et un MTBF plus élevé que la moyenne. Je confirme, la majorité de mes disques durs personnels étant de marque Seagate, choix effectué non sans raison.
ABSTRACT
It is so stupid to loose important data due to a hard-disk crash when we haven’t made backups, that I present here my opinion on the subject, as well as some advices about that and the kind of hard drives (and more generally the kind of hardware) to buy in order to be a bit safer. I noticed a long time ago that professional grade hardware was a bit more expensive than normal hardware, but that there were real reasons for that, as an extended MTBF (Mean Time Between Failure) and other things. There are specialized companies that sells refurbished computers and IT hardware from companies, this can be a real good choice since most of the time those second-hand equipments can be more reliable than brand new PCs from the supermarket. The drawback is that it won’t be the latest geek’s state-of-the-art PC but it will be really enough for most purposes. Finally, always make backups and test them, there are plenty of really good software for that, some are freeware and there is no reason now not to make backups !
Bruno Kerouanton on août 18th 2006 in IT Security
Athalyan responded on 19 août 2006 at 9:40 #
Tout à fait d’accord !!
Moi j’ai opté pour la sauvegarde à distance parce que j’en ai les moyens matériels, mais je proposerai cela bientôt à mes clients (fait un an que je dis cela…).
Mais bon, j’ai quand même quelques petites données qui sont pas sauvegardées, à moi de mieux m’y prendre !!
Mais bref, Bruno, tu as RAISON alors courez tous acheter des Seagate, je viens d’acheter des actions !! mdr
aston responded on 21 août 2006 at 16:15 #
Pour la sauvegarde sous Windows sinon, j’ai découvert il y a peu un outil (libre qui plus est) vraiment pas mal : Abakt
L’interface est dispo en français, le soft est riche mais simple de prise en main et dispose d’une doc détaillée (en français également).
Voir à ce sujet l’article sur Framasoft :
http://www.framasoft.net/article3700.html
ou directement la page d’Abakt :
http://www.xs4all.nl/~edienske/abakt/
Sinon je plussoie pour l’importance des sauvegardes, je viens d’ailleurs de me remonter une machine de recup configurer en serveur Samba pour centraliser les sauvegardes, et je double la chose en utilisant un backup sur bande du "serveur".