Le monde du fleuve n’est plus…

090226-josefarmerCe soir, hommage au romancier Philip José Farmer. Son décès aujourd’hui à l’âge de 91 ans marque une période dans l’histoire de la science fiction. Adolescent, j’avais adoré la lecture de son roman fleuve (!) en 5 tomes « Le monde du fleuve« , où l’on se retrouve plongé dans un univers incroyable et une saga pasionnante.

Source : Le Figaro

2 Comments »

Bruno Kerouanton on février 26th 2009 in Culture

2 Responses to “Le monde du fleuve n’est plus…”

  1. Cédric Pernet responded on 27 Fév 2009 at 13:07 #

    Grmbl, triste nouvelle, après le décès du lead guitariste de Sentenced (dont probablement personne ici ne déplore la perte à part moi, mais bon…) … :-/

  2. marc responded on 27 Fév 2009 at 13:42 #

    Oui, mais non, dirait Sid. Philip Jose Farmer fut plus que le « monde fleuve », cette merveilleuse uchronie faisant cotoyer Cyrano de Bergerac, Sam Clemens, Burton et Hermann Göring (certain y voient l’influence indiscutable de Dick)

    . Il fut surtout l’un des premiers écrivains de SF -dans le sens de « Speculative Fiction »- à montrer des héros qui rotaient, pétaient, baisaient…. baisaient surtout. Car l’on sortait alors d’une SF -science fiction pour le coup- asseptisée, réduite à l’équation simpliste Hero musculo-lombaire à cheval sur sa fusée+princesse pulpeuse kidnapée+abominables Zorglubs de la planête Xion. Terriens, nous venons en paix…

    C’est avec Philip Jose Farmer que débuta l’âge d’or de la SF. Celle qui, tout comme le définissait Robbe-Grillet, permettait au romancier d’abattre les frontières du réel, d’éliminer les contingences du contemporain pour offrir une totale liberté d’évasion nécessaire à l’exploration de nouvelles idées sociologiques et philosophiques, ou de transposer et d’exacerber des problèmes contemporains (les mariagesmixtes et mœurs sexuelles différentes dans « les amants étrangers »). C’est ce que l’on appela la « new wave », et qui donna naissance à quelques chefs d’œuvre. Ceux de Dick, bien sur, mais également Stranger in a stranger land de Heinlein (un boucher de droite qui écrivit un unique roman pour gauchistes mystiques et hippies), l’homme qui vendit la lune, Par delà les collines, I’m a legend, my name is Legion, Un monde d’Azur (superbe roman écologique de Jack Vance), Le Vagabond (de l’excellent Fritz Leiber avant qu’il ne sombre dans la soupe de l’Heroïc Fantasy), les romans de Moorcock (de la Golden Barge aux premiers Elric, précurseur du genre HF… mais avec talent), sans oublier l’humour juif new-yorkais de Robert Sheckley (Options, le cycles des nettoyeurs de planètes, « amenez moi la tête du Prince Charmant » co-écrit avec Zelazny..). Il faudra des années pour le cinéma s’adapte à cette « humanisation » de la littérature, pour passer de l’univers clinique de « 2001 » à celui de la cafetière qui se répand sur la console de pilotage de Alien, aux anti-héros mal rasés et ratés, à la crasse misérable des bas quartiers de new hong-kong dans Blade Runner. Mais le cinéma, usine à idées simplistes et simplifiée (la « nouvelle vague » française n’a pas su influencer autre chose que la manière de cadrer et le jeu des acteurs) le cinéma donc n’a jamais pu mettre les pieds dans le labourage d’idées que retournait la New Wave. De la religion (en terre étrangère) à la politique (la ville est un échiquier), des médias (Jack Baron et l’Eternité) à la sexualité (Ose), en passant par le racisme ou la critique d’un régime politique (Stanistal Lem, Solaris), sans oublier les interrogations gnostiques qui constituent la trame de tous les romans de Dick, aucun metteur en scène n’a osé mettre le pied dans des idées trop dérangeantes. Peut-être un peu avec Soleil Vert ou Silent Running (musique de Schiekele et interprétation de Joan Baez) ou encore L’age de Cristal… j’ajouterais cet ovni cinématographique que fut Zardoz –avec Sean Connery-. Ce ne sont là que des épiphénomènes. Farmer le regrettera longtemps, avant de se replonger dans le « classissime » presque « Space Opera » du Monde Fleuve. C’était l’époque, c’était la mode ou l’on ré-inventait de nouveaux mondes. Tel le Ring World de Larry Niven, la trilogie Titan, Sorcières, Demon de John Varley… nihil nove sub sole, cette voie avait déjà été explorée par deux papy de la SF : Cyrano de Bergerac (le vrai, celui des Empires de la Lune) et Edgar Rice-Burroughs, avec Tanar de Pellucidar, inspiré du Voyage au Centre de la Terre de Verne.

    Je me souviens des propos à son sujet. Une plume « révolutionnaire » qui parlait de cul, de la complexité des rapports humains.. on ne peut pas s’imaginer à quel point, à l’époque, cela vous secouait.

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