La traversée du désert

(Suite de https://bruno.kerouanton.net/blog/2020/08/05/de-lavenir-des-blogs/)

Va donc pour ce petit blog, qui a vécu tant de mes expériences passées, et qui parfois me sert de journal intime, parfois me sert d’aide-mémoire technique pour y consigner mes trouvailles et réflexions informatiques. Avec le recul du temps, je ne regrette pas de l’avoir conservé, c’est une sorte d’empreinte de ma vie passée. Je l’ai délaissé durant quelques années, certes, mais je n’y peux rien. La situation de détresse psychique dans laquelle je me suis retrouvé après mon burnout ne me permettait pas de le maintenir à flot.

Lorsque l’on pert confiance en soi, en tout, on n’écrit plus guère. Les rares réflexions qui viennent à l’esprit sont de toute manière considérées comme suffisament futiles et non digne d’intérêt pour engendrer le moindre billet.

Durant ma traversée du désert, qui a duré quelques années et de laquelle je ne suis pas encore tout à fait sorti, je n’étais pas en ligne, ou du moins très peu. Je lisais, certes, mais essentiellement sur papier. Houellebecq notamment, cet auteur atypique puisant son inspiration mais également son mode de vie chez Lovecraft ou Oppenheimer. Pourquoi Houellebecq ? Parce que ses écrits en prose et en poésie décrivent l’existence de manière si fade, si pessimiste et morose, si vide de sens que lorsque l’on ne va pas bien on ne peut que se rendre compte qu’il y a pire ailleurs. Cela relativise les choses, et on ne finit pas pendu au bout d’une corde, à l’instar de quatre (oui, quatre) personnes de mon entourage ces dernières années. Car oui, j’ai subi plus de douze décès, dont 4 suicides dans mon entourage amical, professionnel et familial depuis 2017… Des personnes âgées mais de valeur, des amis proches de mon âge ou même plus jeunes, un cancer foudroyant à 28 ans (une semaine avant, on faisait la fête à Paris), même un suicide par balle dans le crâne. Ca fait mal et parfois on se dit que bon gré mal gré, pourquoi ne pas suivre le mouvement.

Extrait de mon expertise psychatrique. Pas étonnant que j’aie été mal…

A cette recette, vous ajoutez un beau burnout professionnel, ou plutôt de beaux burnouts et démissions en série dans l’équipe, car ce fut une belle hécatombe, le tout entraînant divers soucis annexes, puis une séparation niveau familial après 18 ans de mariage, et hop, me voilà joyeusement orienté vers un psychiatre, puis vers l’hôpital psychiatrique. Tip Top.

(précision: L’expertise psychiatrique dont je fais figurer quelques extraits a été commise bien après mon hospitalisation, mais reflète bien ce que j’ai subi).

Mon stock avant hospitalisation… tout ça, tout ça…

A ma place, ce serait passé comment pour vous?

A suivre…

1 Comment »

Bruno Kerouanton on août 7th 2020 in Santé

One Response to “La traversée du désert”

  1. Bruno Kerouanton » Hospitalisé responded on 08 Août 2020 at 22:34 #

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