Douance dans la tourmente

Je vais avoir cinquante ans cette année. Et c’est maintenant seulement que j’ai des résultats relatifs à ma douance. Je m’en doutais bien entendu mais cette fois, j’ai été testé positif lors de 4 séances de 1h30 de tests par une neuro-psychologue,
notamment avec les tests WAIS IV.

Verdict : plus de 140, ce qui fait de moi un « surdoué ». Les tests ont été réalisés il y a un mois environ, alors que je suis dévasté, en pleine déprime suite au burnout et aux séquelles qui n’en finissent pas de me hanter. J’avais peut-être un score plus élevé auparavant.

Le percentile associé à mes résultats est de 99.6, signifiant que je suis dans les 4 personnes sur 1000 de la population ayant ce niveau. Cela explique sans doute pourquoi je me sens différent de la société depuis si longtemps.

Caractéristiques de la douance

L’extrait de la page Wikipedia sur la douance donne les caractéristiques qui me décrivent. Elles sont exactes pour la totalité, celles et ceux qui me connaissent pourront l’attester:

  • Curiosité et soif d’apprendre, pose beaucoup de questions, capable d’acquérir des connaissances par ses propres moyens
  • Perfectionnisme, besoin profond de bien faire avec exactitude
  • Peu d’estime en lui à cause des difficultés rencontrées
  • Peur de lui-même, de ce qu’il est, des conséquences de ses pensées et émotions débordantes
  • Conscience méta-cognitive (savent identifier et réutiliser des concepts et des stratégies qu’ils emploient pour résoudre des problèmes)
  • Intérêt, atteignant parfois un niveau obsessionnel, pour certains sujets
  • Hypersensibilité (souvent invisible de l’extérieur, voir dyssynchronie interne)
  • Altruisme, besoin intime d’aider les autres (qui les pousse parfois vers les professions du domaine de la santé ou de la justice)
  • Tempérament solitaire, tendance à somatiser face aux incompréhensions et aux difficultés
  • Langage soutenu qu’il adoptera au cours de sa propre éducation
  • Sens de la justice
  • Supporte difficilement l’échec
  • Grande capacité d’attention
  • Maturité intellectuelle supérieure à celle des enfants de leur âge (dyssynchronie externe)
  • Affectivité et/ou développement psychomoteur parfois en décalage avec la maturité intellectuelle (difficultés en écriture, difficulté de diction) : dyssynchronie interne
  • Sens de l’humour (notamment l’ironie)
  • Sensibilité à l’harmonie (musique, esthétique)
  • Capacité de mémorisation importante
  • Capacité à suivre une conversation ou un exposé en faisant autre chose
  • Très grande facilité à justifier ses comportements à postériori
  • Difficulté à prendre des décisions si confronté à un problème ne pouvant être résolu uniquement par la logique (ex : problème sentimental, émotionnel)

Sur la page « Discussions » de Wikipedia au sujet de la douance, j’ai trouvé le lien suivant, qui est un livre sur la douance. Pas certain que son téléchargement soit légal, mais tant qu’il est disponible je vous le laisse.

Je ne voulais pas trop parler de ce sujet avant, par crainte de passer pour une personne s’auto-congratulant. Le fait que j’ai des résultats officiels me permet de le faire sans trop craindre la critique. Ce qu’il faut retenir, c’est que les gens comme moi ont plus de soucis avec leurs caractéristiques, que d’avantages. Se sentir à part, ne pas réussir à s’intégrer socialement, mais surtout se faire exploiter par des pervers narcissiques au point d’en détruire notre vie car notre sens de l’altruisme et notre hypersensiblité passent au premier plan, au détriment de notre bien-être.

Selon l’adage « Qui se ressemble s’assemble », j’ai pu constater au fil des années que dans mon entourage proche, la quasi-totalité de mes relations amicales sont comme moi, à classer dans la catégorie Zèbre.

C’est quoi, un Zèbre?

Je reprends les éléments décrits dans cette page, qui me sert de référence depuis quelques années déjà pour expliquer simplement ce qui nous rassemble mes amis et moi-même:

Un fonctionnement intellectuel différent

Les Zèbres ont un mode de pensée différents, ils pensent autrement :

  • Ils ont un système de pensée en arborescence : la pensée foisonne tout le temps, chaque donnée se divisant en nouvelles idées qui s’associent rapidement et simultanément, quand le reste des gens fonctionne avec une pensée linéaire et plus structurée.
  • leur cerveau droit est prédominant, à l’inverse du reste de la population. Ils sont donc plus intuitifs, plus créatifs, plus émotifs,
  • leur mémoire est plus importante (autant à court terme qu’à long terme),
  • leur vitesse de transmission et de traitement des données est plus élevée,
  • ils ne perçoivent pas les implicites et prennent les mots au pied de la lettre (ce qui peut créer de gros malentendus et être pris pour de l’insolence ou de la provocation),
  • ils ont besoin de tout comprendre, de percevoir le sens et la précision de tout,
  • ils ont un raisonnement logico-mathématique très différent, ce qui leur permet souvent d’être très à l’aise en mathématiques mais sans savoir comment ils sont arrivés au bon résultat.

Des particularités sur le plan affectif

Les Zèbres présentent des caractéristiques affectives communes, à savoir :

  • L’hypersensibilité : leurs 5 sens sont plus développés et les informations sensorielles sont traitées plus rapidement. Leurs émotions en sont donc exacerbées (inquiétude, peur, anxiété, enthousiasme, colère…) ainsi que leur susceptibilité et leur sens de la justice.
  • L’empathie : leur capacité à ressentir l’état émotionnel de l’autre est plus développée. Ils savent ainsi mieux adapter leur comportement et communiquer avec autrui, mais cela peut générer aussi chez eux une bonne dose d’anxiété (anticipation anxieuse).
  • La lucidité : ils portent un regard très lucide sur le monde qui les entoure et, notamment sur ses fragilité, ce qui, là encore, génère de l’anxiété et empêche tout « lâcher prise ».

Comment détruire un surdoué

En gros si vous avez compris cela, vous avez compris comment je fonctionne. Malheureusement pour moi, vous aurez également compris mes vulnérabilités et comment les exploiter, ce que savent très bien faire les pervers narcissiques. Cela m’a valu la destruction de ma vie dès 2016, je ne reviendrai pas dessus, les autres billets de mon blog sont là pour les détails.

Depuis, je n’arrive plus à redémarrer. J’ai été trompé et exploité, détruit et ai perdu toute confiance en moi. Avec ou sans antidépresseurs, et malgré des années de consultation psychiatrique, rien n’y fait. J’ai été diagnostiqué victime de plusieurs syndrômes de stress post-traumatiques graves qui m’empêchent littéralement de reprendre une activité professionnelle, et m’envoient plus du côté de la pensée suicidaire. Et pour cause : j’ai TOUT perdu. Rupture professionnelle, familiale (divorce), et financière. Je vis sur mes économies depuis ce temps, n’ayant aucune aide financière et devant subvenir seul à l’ensemble de mes besoins. J’ai vendu ma voiture, vendu ou donné presque tout ce que j’avais et survis – je ne peux pas parler de vie mais de survie – pour subsister. Cela me coûte littéralement 30’000 Euros par an, que je prends sur mes écomies et mon épargne retraite. 10’000 de loyer. 10’000 de frais de santé (vive la Suisse), 10’000 pour manger, m’habiller me déplacer, l’électricité et le reste. Je n’ai pas de quoi me faire plaisir ni économiser, bien entendu. L’argent qui me reste, je le dépense mois après mois pour survivre. Bientôt je n’aurai plus rien, je n’ai déjà plus de quoi assurer ma retraite bien entendu. D’où ma logique pragmatique (cf.  « la lucidité du zèbre », çi-dessus) qui me confirme que le suicide reste une option envisageable et raisonnable. Je n’en suis pas encore là mais l’idée me travaille, car à moins de revenus réguliers, qui n’arriveront très probablement pas, c’est la seule issue.

Quand la société n’offre aucune aide.

Des aides? Je ne compte pas dessus. Je n’y crois pas. Parmi les stress post-traumatiques avérés, je ne peux plus m’occuper de démarches administratives. L’état, mon ancien employeur, m’a tellement détruit que forcément je ne peux plus lui faire confiance. Et donc il ne m’aidera pas. Le burn-out n’est pas reconnu comme maladie professionnelle non plus. Je n’aurai aucune aide. J’ai monté ma société car je pensais pouvoir redémarrer et que je ne pouvais plus supporter le rapport hiérarchique après ces années d’emprise par un pervers-narcissique. Je n’aurai donc pas d’aide étant « à mon compte ». Ni chômage, ni mesures d’aide sociale. Je n’ai pas fait de chiffre d’affaires ces deux dernières années, étant incapable de travailler. Je n’ai donc pas pu cotiser aux différents organismes de prévoyance, d’assurance etc. Je n’aurai donc aucune aide car il faut avoir côtisé plusieurs années pour en bénéficier. Vous me direz que je cotisais avant mon burnout? Oui mais les textes de loi et réglements ont été conçus pour évincer mon cas : seuls les 24 derniers mois de cotisation sont pris en compte. Bref, je suis déjà mort sur le plan sociétal.

Des pistes?

Je n’en ai pas la moindre idée. Mes stress post-traumatiques sont résiduels et posent souci au quotidien. Je souffre d’une perte d’élan vital chronique depuis ces années, qui fait que je m’effondre littéralement dès que je suis confronté à la moindre contrariété et que je dois dormir, parfois une à deux journées de suite. Cela m’empêche d’exercer la moindre profession. Cela ne peut qu’amplifier mon désarroi.

Certains de mes proches (quelques amis, une cousine, un cousin) ont tenté de me proposer leurs astuces pour m’en sortir, mais c’est selon leur point de vue. Je les remercie mais ce n’est pas simplement en mangeant sainement, en positivant, ou encore en priant que je vais résoudre tout cela. J’ai tenté tout cela car je n’avais rien à perdre, mais rien ne fonctionne. J’avoue que je suis à court d’idées. Quand aux activités, il faut de l’argent… bref.

Pour résumer

Je suis surdoué, donc inadapté socialement. Ma vie a été détruite par la faute d’une perversion narcissique qui m’a fait perdre tout espoir. Il me faut environ 100 francs par jour pour survivre en Suisse, 100 francs que je puise dans mes économies et que je ne gagne pas. Je n’aurai jamais d’aide financière de la part de l’Etat. J’ai perdu espoir depuis bien longtemps, mes proches n’ayant rien à me proposer de concret.

Voilà.

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5 réponses à Douance dans la tourmente

  1. Joël dit :

    J’ai assisté il y a longtemps à un workshop que vous donniez. Je suis sûr qu’il y a plein de choses que vous pouvez encore faire.

    J’ai des idées pour vous.

    Vous devez maintenant avoir mon mail, essayons d’échanger.

    Cordialement,

    Joël

  2. Zythom dit :

    Bonjour Bruno,
    je viens de lire ce billet et j’avoue que je suis inquiet. Le billet laisse peu d’issues, mais je ne comprends pas qu’un esprit brillant (même détruit par un malveillant) ne puisse pas trouver sa place dans la cyber avec toute ton expérience. As-tu envisagé de quitter la Suisse pour un travail en France, y compris pour un travail « planplan » qui pourrait te laisser le temps de la reconstruction ?

  3. Atosh dit :

    Bonjour,

    Navré d’apprendre ceci. Ayant vécu une période très difficile également, je me permet de donner un conseil: ce qui m’a permis de garder la tête hors de l’eau et finir par m’en sortir c’est la méditation. Ça ne s’est pas fait du jour au lendemain et ça a pris du temps, mais j’ai aujourd’hui une meilleure gestion de mes émotions.

    Quoiqu’il en soit, courage.

  4. merci. oui en 2018 j’ai suivi ceci https://www.dhamma.org

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